Afin d'améliorer l'accès à la mobilité, en particulier dans les zones rurales ou périurbaines où la voiture individuelle représente souvent l'unique moyen de se déplacer, le gouvernement a deux fers au feu. D'une part, le projet de loi d'orientation sur les mobilités (LOM), actuellement examiné par le Sénat, qui doit faire sauter certains verrous réglementaires et donner de nouveaux outils aux acteurs locaux. Et de l'autre, une démarche, baptisée « France Mobilités », qui sans attendre le vote de la loi vise à faire connaître les initiatives locales déjà existantes et assurer leur diffusion.

Lancée début 2018, FranceMobilités passe un cap important ce mercredi avec la mise en ligne de sa plate-forme collaborative (www.francemobilites.fr). Le site a vocation à devenir un lieu de rencontre entre toutes les parties prenantes : opérateurs de transport, jeunes pousses, associations, mais aussi et surtout les élus locaux qui souhaiteraient développer des solutions innovantes (covoiturage, vélopartage, etc.) .

Matière à inspiration

Ils trouveront sur le site matière à inspiration, avec une liste de projets déjà lancés. Bouquet de services de mobilités pour les habitants du Lunevillois (Meurthe-et-Moselle), transport scolaire à l'aide de vélos à assistance électrique dans l'Eure, « conciergerie de mobilité rurale » dans le Quercy... La plate-forme référence 70 initiatives, la plupart encore à l'état de projet, et la liste devrait vite s'allonger, indique le ministère des Transports aux « Echos ».

Les communes désireuses de se lancer elles aussi pourront bénéficier du retour d'expérience de ces pionniers, ce qui leur permettra de gagner du temps et d'éviter certaines erreurs. Elles trouveront également d'autres ressources sur la plate-forme : une offre d'appui en termes d'ingénierie (qui se déclinera dans des cellules régionales), des conseils sur « comment acheter » des services de mobilité, ainsi que l'aide d'un facilitateur, basé au ministère, pour les aider à trouver le bon guichet dans les arcanes de l'administration.

Ce projet est également pour le ministère des Transports l'occasion de sortir de sa conception classique des politiques de mobilité, basée essentiellement sur la construction et l'entretien d'infrastructures, et d'adopter une posture nouvelle qui privilégie l'accompagnement des initiatives locales. Un souci de souplesse et de décentralisation qui est à signaler.