Pôle emploi, née de la fusion des Assedic, chargée de l'indemnisation des chômeurs, et de l'ANPE chargée de leur accompagnement, est un opérateur "moderne, plutôt réactif et agile", écrit Stéphane Viry, député LR, rapporteur de cette mission "flash" désigné" mi-décembre par la commission des Affaires sociales. Mais en termes de "qualité de service et d'efficacité dans le retour à l'emploi" de l'opérateur, le député est "plus réservé".

Les taux de retour durable à l'emploi restent "très insuffisants", puisque 18 mois après l'inscription à Pôle emploi, à peine plus d'une personne sur deux (55%) a retrouvé un emploi durable, écrit-il. "Cela signifie, en miroir, que malgré 18 mois d'effort public, près d'une personne sur deux s'enfonce dans le chômage", analyse le député.

Il considère également que "les gains de productivité ont été poussés à leur maximum". "Les agents ont appris à +vivre avec+ la pénurie d'effectifs. En réalité, ils n'ont pas le choix: des formations sont même organisées pour leur apprendre à optimiser leur portefeuille de demandeurs d'emploi", précise le rapport.

"L'exercice imposé par les contraintes budgétaires consistant à faire sans cesse plus ou mieux avec moins est dans une impasse: les conditions de travail des conseillers et le service rendu aux usagers sont trop souvent dégradés", insiste-t-il.

M. Viry demande donc qu'on accorde à Pôle emploi "les moyens supplémentaires" et juge "indispensable de cesser l'hémorragie d'effectifs". 

Pour le budget 2019, 800 postes doivent être supprimés à Pôle emploi, sur environ 50.000 au total.

En outre, le rapport s'est focalisé sur le recours aux opérateurs privés de placement par Pôle emploi, d'"une grande opacité". Il réclame un audit "exhaustif" sur les modalités de recours à ces sous-traitants et qu'"a minima" les informations relatives à la "sous-traitance soient plus transparentes qu'aujourd'hui".

Pour autant, ce recours ne doit pas être "un tabou" et "ouvrira de nouvelles opportunités" aux demandeurs d'emploi.

Enfin, la gouvernance de Pôle emploi doit évoluer, selon le rapporteur. Avec 10 sièges sur 19 occupés par des organisations syndicales et patronales, la composition du conseil d'administration s'est faite "au détriment de réels connaisseurs de terrain". Il suggère d'ouvrir le CA "à davantage d'experts du recrutement ou du monde de l'entreprise".