Pour la plupart, vous ne les connaissez pas. Pourtant, avec un total qui tutoie les 10 millions d'euros investis depuis cinq ans, ils forment la nouvelle génération de business angels qui frappe à la porte de ses aînés. Certes, les montants ne sont pas encore au même niveau que les ténors du genre (Pierre-Edouard Stérin, Fabrice Grinda et Xavier Niel), mais leurs pratiques, leurs motivations, leur connaissance du tissu économique les distinguent et leur permettent de s'installer en haut du premier classement des business angels de moins de 35 ans, réalisé par AngelSquare pour « Les Echos ». « Les personnes qui apparaissent ici sont de nouveaux acteurs, avec de nouveaux profils, explique Charles Degand, président et cofondateur d'AngelSquare. Ils n'étaient pas du tout visibles il y a quatre ans et les montants qu'ils investissent sont désormais très significatifs. » Surtout, cette cohorte d'investisseurs marque sa différence par une approche utile aux startuppeurs qu'ils appuient. « Ils veulent s'impliquer dans la vie des entreprises qu'ils soutiennent, et certains préfèrent même reculer devant une bonne opportunité s'ils ne peuvent rien y apporter », assure Charles Degand. Ils sont en phase avec leur écosystème, partagent les mêmes codes, ne font pas perdre de temps aux entrepreneurs qu'ils financent. « Ils sont rapides dans leur prise de décision, constate le dirigeant d'AngelSquare. Ils s'appuient sur des métriques basiques et font confiance au chef d'entreprise qu'ils ont en face d'eux. »

Mais l'un des points les plus frappants de ce premier classement pour génération est la présence de femmes. Encore en minorité, elles apparaissent là où leur présence est nanoscopique parmi les business angels plus aguerris. Céline Lazorthes et Tatiana Jama ont ouvert la voie, mais l'on voit apparaître des personnalités comme Delphine Groll de Nabla qui commencent à être actives malgré un parcours encore jeune.

Pour expliquer la montée de cette génération, la répétition des succès est la piste la plus évidente. Mais il faut aussi bien comprendre l'esprit de redistribution qui la caractérise, comme l'explique Charles Degand : « Ils n'ont pas de problème à communiquer sur cette activité, non pas pour exhiber leur portefeuille, mais pour revendiquer la nécessité d'aider les entrepreneurs débutants. » C'est l'une des raisons pour lesquelles on les retrouve davantage aux tours de table de start-up B to C, par exemple, que les investisseurs en capital-risque ont largement délaissés dans leur vaste majorité.