Frappé par l'arrêt des compétitions sportives avec la crise du coronavirus, le journal a eu recours au chômage partiel, a dû réduire sa pagination et son prix. Sa diffusion a plongé (-14,64%, à 199.407 exemplaires en mars, selon l'ACPM/OJD).

Le groupe, qui édite le journal L'Equipe, L'Equipe Magazine, Vélo Magazine, France Football, Sport & Style mais aussi la chaîne de télévision L'Equipe, emploie environ 700 salariés.

Si les perspectives sportives sont bonnes, avec un calendrier particulièrement favorable jusqu'aux JO de 2024 à Paris (avec notamment en 2021 des Jeux Olympiques à Tokyo et un Euro de Football, en 2022, une Coupe du Monde de Foot et des JO d'hiver et en 2023 une coupe du monde de rugby en France), le contexte économique est difficile.

Comme le reste du secteur, le groupe fait face à une baisse "sans précédent" de ses recettes publicitaires "qui risque de durer plusieurs années", prévient la direction, ainsi que d'une chute des ventes en kiosques que le groupe espère "enrayer d'ici à la fin de l'année malgré la liquidation judiciaire de Presstalis".

"L'Equipe doit faire évoluer ses organisations si elle veut se donner la chance d'être compétitif et en développement ces prochaines années", souligne la direction, d'où le projet d'accord de performance collective, qui sera présenté aux représentants syndicaux la semaine prochaine.

Créé par les ordonnances Macron, ce dispositif permet aux entreprises en difficultés de renégocier avec les syndicats le temps de travail et la rémunération des salariés.

Les négociations porteront sur "l'augmentation de la durée du temps de travail (à travers les RTT), la création d'un compte épargne temps et mise en place du télétravail" et sur la rémunération avec un "effort temporaire demandé à chaque salarié, révisable, si la situation économique devait s'améliorer".

"Le déconfinement a débuté il y a moins de trois semaines mais la direction de l'UES L'Équipe n'a pas attendu longtemps pour se dévoiler : elle a laissé filtrer sa volonté d'imposer une baisse significative des salaires, du 13e mois et des jours de RTT en échange d'un maintien de l'emploi jusqu'au 31 décembre 2024", a déploré l'intersyndicale du groupe dans un communiqué publié lundi, mentionnant l'éventuelle suppression "d'une centaine de postes à la rentrée".

Selon la direction, ce projet n'intègre pas de suppressions de postes.

L'intersyndicale SNJ, SNJ-CGT, UFICT-CGT et SGLCE-CGT a aussi pointé le fait que le groupe "n'a déposé aucune demande de prêt garanti par l'État (PGE)" et que "les premières évaluations de l'impact de la crise sanitaire fournies par la direction ne semblent pas devoir mettre en péril la trésorerie plantureuse du groupe Amaury".

Outre un "effort financier de la direction générale", le projet d'accord de la direction prévoit également "un engagement et soutien de l'actionnaire", le groupe Amaury.

Dans une communication distincte, Amaury a annoncé mardi les nominations d'Aurore Amaury et Jean-Etienne Amaury à la direction générale, faisant d'eux la troisième génération à reprendre les rênes du groupe familial.

Aurore Amaury est également présidente du groupe L'Équipe et d'Amaury Média, la régie publicitaire, tandis que Jean-Etienne Amaury est président d'ASO, l'organisateur du Tour de France. Marie-Odile Amaury continuera d'assurer la présidence du groupe.