Vous projetez de vous installer à votre compte en créant une entreprise individuelle afin d’exercer une profession libérale, artisanale, agricole, industrielle ou commerciale ? Parfait ! Ces quelques lignes vont vous aider pour être conforme avec l’administration et bien démarrer votre activité sereinement.

Chaque année, de nombreuses personnes décident de se convertir au statut de travailleur indépendant, car ce dernier permet à de nombreuses professions d’exercer librement. Cependant, vous ne devriez pas vous lancer dans cette aventure par intuition. Dissipez au moins les mythes derrière ce statut d’indépendant pour vous faire une idée de ce qui vous attend, car créer une entreprise engage de vraies responsabilités. Une première expérience salariale aura toujours son utilité, mais vous pouvez parfaitement devenir entrepreneur individuel avec vos compétences et vos propres expériences.

L’entreprise individuelle en un coup d’œil

 ClassiqueMicro-entrepreneur
Pour quiCréateur souhaitant exercer seul son activité avec un moindre investissement sans être limité en CA.Créateur souhaitant démarrer un projet modeste avec un seuil de CA à 170 000€ (vente de marchandise) et 70 000€ (prestation de services).
AvantagesSans notion de capital, coûts de démarrage réduits au strict minimum.
Seules les bénéfices sont imposables. Récupération de la TVA.

Obligation comptable limitée par la tenue d’un livre de recettes et dépenses.
Aucune obligation d’avoir un compte professionnel.
Possibilité d'opter pour le versement fiscal libératoire pour s’acquitter des obligations sociales et fiscales en un versement unique.

InconvénientsObligation de tenir une comptabilité complète, bilan et compte de résultat.

Aucune possibilité de déficit fiscal.
Impossible de récupérer la TVA.
Charges sociales calculées sur la base du chiffre d'affaires et non des bénéfices.

À noter

Établir une déclaration d’insaisissabilité pour mettre à l’abri vos biens fonciers en cas de difficulté ou bien opter pour l’EIRL pour affecter une partie de votre patrimoine à votre entreprise.
Les difficultés financières de l’entreprise peuvent retomber sur votre partenaire si vous êtes mariés sous le régime de la communauté de biens.
Impossible de transmettre l’entreprise à vos enfants progressivement et profiter des abattements sur les droits de donation.

Direction et associésVous êtes dirigeant avec un plein pouvoir de décision, sans aucun associé, mais vous pouvez embaucher.
Régime socialTravailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants
Cotisations sociales

Environ 44 % du revenu imposable.
Des cotisations minimales sont dues en cas d’absence de revenus.

Selon le chiffre d'affaires déclaré : 12,8 % si vente de marchandises et 22 % pour les autres activités.
Régime fiscalRégime réel d'impôt sur le revenuRégime de la micro-entreprise

Comment immatriculer votre entreprise ?

Pour enregistrer votre entreprise et obtenir un numéro SIREN de l'Insee, vous devez vous immatriculer par l’intermédiaire du Centre des Formalités des Entreprises (cfe.urssaf.fr) ou sur le site du service national Guichet Entreprises (guichet-entreprises.fr). Ces services sont entièrement gratuits.

Si vous êtes en activité libérale, cette simple inscription gratuite suffit. Les autres doivent effectuer une démarche supplémentaire qui peut nécessiter des frais à payer selon la nature de votre activité.
•    Au Registre du Commerce et des Sociétés RCS pour une activité commerciale (infogreffe.fr).
•    Au Répertoire des Métiers RM pour une activité artisanale (cfe-metiers.com).
•    Déposer une demande d’immatriculation au Registre Spécial des Agents Commerciaux RSAC auprès du greffier du tribunal de commerce pour les agents commerciaux.

Les démarches à effectuer pendant et après l’immatriculation

Bon à savoir : vous pouvez commencer à travailler même si vous n’avez pas encore reçu votre numéro SIREN et SIRET. Mentionnez tout simplement sur vos factures « en cours d’immatriculation ».

Ouvrir un compte bancaire

Vous n’avez aucune obligation d’ouvrir un compte professionnel si vous vous installez en entreprise individuelle (micro-entrepreneur, EI, EIRL). Un compte personnel suffit, mais celui-ci doit être utilisé uniquement pour les activités de votre entreprise par souci de transparence comptable et fiscale. À ce jour, la néo-banque Shine (shine.fr) est l’organisme privilégié des indépendants dans ce domaine et elle peut même s’occuper de l’immatriculation à votre place si vous le souhaitez.

ACRE

L’attribution de l’Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise ACRE (ancien ACCRE) qui permet d’être exonéré des charges sociales est devenue automatique depuis le 01 janvier 2019 pour toute personne qui a débuté son activité à partir de la même date. Ce qui signifie que vous n’avez pas à en effectuer la demande (votre dossier serait automatiquement renvoyé à l’expéditeur.).

Déclarer vos revenus

Vous devez vous inscrire sur le portail officiel des déclarations sociales (net-entreprises.fr) afin de déclarer et payer vos charges sociales en ligne selon les modalités que vous aurez choisi au préalable lors de l’immatriculation, par mois ou par trimestre. Attention aux pénalités en cas de retard de déclaration.

Payer vos impôts professionnels

Dès que vous connaissez votre numéro SIREN, créez un espace professionnel sur le site impots.gouv.fr pour pouvoir consulter votre compte fiscal, télécharger vos avis d’imposition et payer vos impôts en ligne.

Taxe foncière des entreprises

Vous recevrez par courrier le formulaire 1447-C-SD de déclaration initiale de CFE, que vous devez remplir et retourner avant le 31 décembre de l’année en cours. Il s’agit d’une taxe foncière des entreprises calculée par rapport à la valeur locative des biens utilisés par votre entreprise. Vous êtes exonéré de cette taxe durant la première année d’exercice. Elle se calcule pour l’année civile alors il vaut mieux ouvrir votre entreprise en début d’année pour pouvoir en profiter.

Se faire connaître pour décrocher des contrats et vendre

Trouver des clients pour vivre de votre nouvelle activité peut devenir un exercice laborieux qu’il vaut mieux préparer à l’avance. Il est conseillé de commencer la prospection bien avant le démarrage. Parlez-en autour de vous, mobilisez votre réseau professionnel, contactez des clients potentiels en diversifiant les canaux : plateformes en ligne, sites web, réseaux sociaux, etc. N’hésitez pas non plus à faire appel à un professionnel de la communication digitale et du webmarketing afin d’améliorer votre visibilité sur Internet, si vous pouvez vous le permettre.

Comment faire le calcul pour déterminer votre tarif journalier ?

Faites un plan financier afin de déterminer le budget dont vous aurez besoin pour fonctionner et pour garder un train de vie acceptable. Commencez par faire la somme de vos dépenses fixes mensuelles : prélèvements, virements, paiements par carte, besoins quotidiens. Ajoutez à cela les frais dont vous comptez acquitter pour le bon fonctionnement de votre entreprise (abonnements à des services, achat d’équipements ou logiciels, etc.).

Afin de fixer votre tarif journalier, prenez votre dernier salaire net ou le SMIC si vous n’avez jamais été salarié (1 171,34€ pour l’année 2019).
Maintenant, faites la somme.
•    Chiffre de référence : salaire net X 1,82 de cotisations salariales et patronales (2 131,83€).
•    Assurance perte d’emploi dirigeant (100€ par exemple).
•    Mutuelle (100€ par exemple).
Si vous le souhaitez, vous pouvez ajouter :
•    un prorata de treizième mois (250€ par exemple),
•    l’équivalent des avantages en nature offerts par votre ancienne boîte et le comité d’entreprise (150€ par exemple).

On obtient un résultat A = 2 731,83€.
Cela ne s’arrête pas là. Soit 22 jours ouvrés dans le mois. Enlevez les jours non travaillés, occupés pour les tâches administratives et la prospection (2 jours par exemple) avec les congés que vous comptez cumuler et utiliser plus tard (2 jours par exemple).
On obtient un résultat du nombre de jours travaillés B = 18 jours.

Le résultat de l’opération A divisé par B (soit 151,76€) vous indique ce que vous devrez facturer par jour, HORS TAXES, à vos clients pour gagner l’équivalent de votre ancien revenu. Divisez ce chiffre par 8 pour obtenir un tarif horaire (soit ici 18,97€). Bien sûr, le résultat est différent selon que vous prenez un treizième mois, une mutuelle, des avantages CE,… ou non. Adaptez ce calcul selon vos besoins et vos autres contraintes.

Pourquoi facturer vos congés alors que vous ne travaillez pas ? Tout simplement, car vous n’avez aucune indemnité de congés payés en tant que travailleur indépendant donc il est tout à fait normal de les considérer dans votre tarif.

Assurer les mois difficiles

En totale autonomie, vous perdez les avantages des congés payés, mutuelle, remboursement partielle ou total de vos frais de transport, etc. Anticipez les périodes creuses pour éviter d’être pris au dépourvu en vous inscrivant par exemple sur des sites de recrutement en intérim capable de gérer votre double statut de travailleur indépendant et intérimaire. Comme vous n’allez plus percevoir de salaire fixe mensuel, la rentabilité de votre activité dépendra uniquement de vos clients et des prestations ou ventes réalisées au mois. Vous allez alors devoir gérer vos rentrées d’argent en prévision d’une éventuelle baisse d’activité. Occuper des postes en intérim dans ces moments-là vous aidera à assurer au moins les charges récurrentes.